Pour une maîtrise publique des déchets

mercredi 25 juin 2008

RESTONS MOBILISÉS !

RESTONS MOBILISÉS !

Chèze entend soigner sa com’

Le projet Chèze a été rejeté par le préfet de l’Yonne suite à un vice de forme relevé par le tribunal administratif de Dijon début février. Ce fut une première reculade, fêtée comme il convient avec les habitants de nos villages sur la place de Volgré… Mais la vigilance reste et demeure notre maître mot. D’autant que nous venons d’être contactés par le cabinet conseil recruté* par la société Chèze, signe manifeste que ladite société entend tester la mobilisation des habitants avant de redéposer son projet.

Bilan des élections locales

Ce fut pour nous l’occasion d’interpeller tous les candidats afin qu’ils se positionnent non seulement sur l’éventualité de cette mégadécharge, mais plus largement sur la gestion et le traitement des déchets dans l’Yonne. Mission réussie puisque les débats se sont focalisés sur cette épineuse question, bien relayée par la presse et les radios locales, et que nous avons reçu le soutien sans faille de maires aujourd’hui élus ou réélus, notamment ceux de Joigny, d’Auxerre et de Champvallon. Nous venons d’apprendre avec plaisir la récente nomination de Nicolas Soret à la présidence du Syndicat mixte des déchets du Centre-Yonne… avec comme vice-président M. Valnet, maire de Champvallon, et nous saluons chaleureusement ces nouvelles nominations puisqu’ils ont été nos compagnons de lutte pendant deux ans. Nous espérons qu’ils contribueront, avec les communautés de communes et en concertation avec les associations, à la révision du plan départemental des déchets et qu’ils œuvreront pour que soit enfin mis en place un véritable tri sélectif dans tous nos villages.

Perspectives de C3V

Quant à nous, nous continuerons, avec tous nos adhérents, à susciter débats, réflexion, mobilisation, et à être force de propositions, afin qu’une véritable prise de conscience citoyenne soit à même de s’élever contre des intérêts financiers qui saccagent la planète dans le plus grand mépris de nos biens communs. Il en va ainsi de la gestion des déchets comme de la production d’emballages, de l’eau bien sûr, ici et ailleurs menacée par l’usage des pesticides, de la qualité de nos cultures et de notre alimentation, bientôt contaminées par les OGM, du problème des dits « biocarburants » qui affament les pays les plus démunis… Non, tout n’est pas marchandise, la vie n’est pas à vendre et il y a urgence à contredire haut et fort tous les bonimenteurs qui soldent aujourd’hui l’avenir des prochaines générations.

__Claude Grosset Président de C3V__

  • Ci-dessous un peu de lecture instructive sur internet pour vous familiariser avec Abaétê, cabinet conseil de la société Chèze.

http://www.abaete-conseil.fr/

http://www.abaete-conseil.fr/uploads/texte_intervention_20071201.pdf?PHPSESSID=c63a0fa3b2fd81b57c8ac21d61845fdc

jeudi 10 avril 2008

Pourquoi ce regain d’intérêt sur Volgré ?

Pourquoi ce regain d’intérêt sur Volgré ?

Bonne nouvelle : l’avis défavorable émis par le commissaire enquêteur au sujet du dossier d’extension de la décharge du Petit-Pien… Le Collectif d’action des 3 Vallées, dont la devise est « Ni ici, ni ailleurs mais autrement », ne peut que s’en réjouir. Voilà pour le moins un commissaire enquêteur compatissant et sensible à la lassitude exprimée par les 40 riverains qui se sont déplacés pour exprimer leur ras-le-bol lors de l’enquête publique, ras-le-bol devant les nuisances tout autant que devant le préjudice subi lors des transactions immobilières…

Tiens donc, un centre d’enfouissement produirait quelques nuisances, quand bien même le dossier présenté par la Sita est on ne peut plus « conforme aux textes en vigueur » et que « le site présente une géologie remarquable qui offre une barrière passive naturelle sans faille tectonique »…

Quel plaisir et quel étonnement de lire ces quelques vérités, quand on s’est battu pendant presque trois ans contre l’implantation du projet de centre d’enfouissement à Volgré où près de 700 personnes se sont mobilisées lors de l’enquête publique… Malgré les avis fortement étayés d’experts hydrogéologues inquiets sur le choix du site et pour l’avenir des sources, et bien que le site soit excentré, le commissaire enquêteur a donné un avis favorable… Certes, comme la population a pu le constater, le commissaire enquêteur avait pris le parti de la société Chèze et ne respectait guère la neutralité requise dans une telle procédure… Y aurait-il eu collusion d’intérêts ? Aussi le préfet a été fort prudent de suivre l’avis du tribunal administratif, juste avant les élections, et Chèze pourrait ainsi prendre le temps de relooker son projet, pour nous le resservir à peine réchauffé dès les beaux jours…

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule : création d’une 6e commission en charge de l’environnement au Conseil général, présidée par M. Courtois qui déclare : « Cette commission environnement ne sera pas de tout repos, on prendra forcément des coups. Je sais pertinemment que notre premier sujet de préoccupation concernera la décharge de Volgré. » De quel côté M. Courtois envisagerait-il de prendre des coups ? Serait-ce de la part de la population des villages qui se sont mobilisés contre ce projet ? Le débat semble être mal posé et les propos de M. Courtois ont vraisemblablement été retransmis partiellement.

Je fais donc deux hypothèses :

– soit il nous informait à mi-mot du dépôt d’un nouveau dossier Chèze, car pour l’instant il n’y en a plus, puisqu’il a été rejeté sur la forme.

– soit il voulait dire qu’il s’apprêtait à mettre en chantier la révision du plan départemental des déchets et qu’il souhaitait y associer, entre autres, les partenaires associatifs, y compris et surtout ceux qui ont travaillé sur l’ancien projet de Volgré.

Je préfère croire à cette seconde hypothèse qui engage le dialogue et la concertation, puisque M. Courtois est l’ancien président du Syndicat mixte de Puisaye-Forterre. Ce syndicat a, en gestion publique, le centre de Ronchères où arrivent les déchets ultimes collectés au porte-à-porte, et il est de taille humaine. C’est ce modèle de gestion que nous réclamons sur le Centre-Yonne. Toutefois comme nous l’a signifié M. de Raincourt lors d’un courrier du 17 décembre, si la révision du Plan départemental est du ressort du Conseil général, seules les communes et les communautés de communes sont compétentes en matière de choix de gestion, de type de traitement ou de localisation des équipements sur les déchets ménagers…

A suivre avec vigilance donc !

Claude Grosset Président du Collectif d’action des 3 Vallées

dimanche 24 février 2008

Racont’mwa et le Collectif d’Action des 3 Vallées au Saint Patrick à Bleury le dimanche 2 mars

Racont’mwa et le Collectif d’Action des 3 Vallées au Saint Patrick à Bleury le dimanche 2 mars

Film vers 15H

Racont’mwa et le Collectif d’Action des 3 Vallées au Saint Patrick ! Parole aux jeunes Musique et débat autour du film "Le bien commun".

Entré libre et gratuite. Les conso seront majorées pour aider à payer le groupe.

Affiche à lire, à imprimer: http://yonne.lautre.net/article.php3?id_article=1971

Café Saint Patrick Bleury 12 route de Poilly Bleury 89110 Poilly sur tholon, 03.86.63.43.45

mercredi 20 février 2008

Lettre aux futurs élus des municipalités

Collectif d’action des 3 Vallées Mairie de Senan 1, rue Aillant-sur-Tholon 89710 SENAN

lestroisvallées@laposte.net Senan, le 18 février 2008

Madame, Monsieur

Vous êtes candidat(e) à l’élection municipale de mars 2008. La municipalité dans laquelle vous vous présentez est directement concernée par le devenir des déchets dans le département de l’Yonne. Le projet de Centre d’Enfouissement de Déchets Ultimes de Volgré, bien que mis en sommeil par décision préfectorale, a alerté les populations des communes les plus proches géographiquement de l’éventuel lieu d’implantation. Ce projet a également conduit nombre d’habitants à s’interroger sur l’absence de réflexion à long terme sur le devenir des déchets (hors enfouissement et incinération) et sur l’absence totale de projet concernant l’organisation de collectes sélectives permettant d’envisager une valorisation intelligente des matériaux triés ainsi récupérés.

Si les communes ou communautés de communes sont souvent prisonnières de contrats de délégation de service public, les clauses imposant un tonnage minimal seront supprimées pour les nouveaux contrats et renégociées pour les contrats actuels en accord avec les décisions issues du Grenelle de l’Environnement. Il s’agit là d’une opportunité à saisir. Les chiffres de valorisation matière ont été fixés à 35 % des déchets ménagers et assimilés pour 2012.

Les maires, au sein de leur communauté de communes, sont donc les acteurs de la mise en place de cette nouvelle politique en matière de déchets.

C’est pourquoi, Madame, Monsieur, nous vous demandons de signifier clairement votre engagement en faveur d’une politique écologiquement durable de prévention et de gestion des déchets en répondant aux questions ci-après. D’autres associations, partout en France, soutenues par le CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets), effectuent cette même démarche auprès des candidats de leurs communes tant le problème est préoccupant. Merci, après avoir complété le questionnaire joint, de nous faire parvenir au plus vite vos réponses au siège de l’association. Les réponses seront rendues publiques par nos soins via les médias régionaux et nationaux.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées,

Claude Grosset, président de C3V

Nom et prénom du candidat(e) : Parti ou courant politique : Commune :

• Je m’engage à faire adopter par ma communauté de communes la mise en place d’un plan de prévention des déchets avec pour objectif la réduction des déchets dans ma municipalité. Cette nouvelle politique permettant de réduire et le coût des transports et l’impact sur l’environnement.

OUI……………………… NON………………………

• Je m’engage à faire adopter par ma communauté de communes, durant mon mandat, un système de tarification incitative (pesée embarquée, etc.) du service des déchets ménagers afin que le tri effectué par les usagers augmente de manière significative.

OUI……………………………… NON………………………………

• Je m’engage à favoriser le compostage individuel dans ma commune chaque fois que cela est possible (village ou jardin de ville) ; je m’engage à demander la mise en place d’une collecte sélective des « bio-déchets » dans les quartiers où le compostage individuel n’est pas envisageable.

OUI ………………………………… NON…………………………………

• Je m’engage, en partenariat avec C3V et les différentes associations, à demander la révision du Plan départemental des Déchets de l’Yonne qui permettra, au-delà du village ou de la ville dont je serai l’élu(e), de concevoir de façon réfléchie une politique durable de réduction des déchets, de valorisation des déchets collectés pour réduire sensiblement l’incinération ou l’enfouissement des déchets ultimes. OUI…………………… NON…………………

Autres suggestions ou commentaires :

mercredi 6 février 2008

C3V se réjouit de cette première décision préfectorale

Communiqué de C3V

C3V se réjouit de cette première décision préfectorale nous faisant part du rejet du projet Chèze suite à la décision du tribunal administratif qui estime que l’enquête publique ne s’est pas déroulée de façon appropriée, ce qui est pour nous tous une évidence que nous n’avons eu de cesse de clamer. Selon les termes du communiqué :

« En effet, en s’en remettant dans ses conclusions à l’avis d’un tiers expert, la Commission d’enquête n’a pas fait une juste application des textes en vigueur. Elle aurait dû en l’occurrence demander la désignation d’un expert par le Président du TA pour l’assister dans sa mission d’enquête. Cela lui aurait permis de rendre un avis complètement documenté et motivé, y compris sur le plan hydrogéologique. Le constat fait par le TA conduit donc inévitablement au rejet de la demande présentée par la Société Chèze, puisque la procédure n’est pas conforme et pourrait être annulée au contentieux. En raison des débats assez vifs auxquels ce projet donne lieu, il est apparu souhaitable de publier cette information dès maintenant, puisque l’issue de la procédure administrative, qu’il n’est pas nécessaire de poursuivre dans ces conditions, est d’ores et déjà fixée. La Société Chèze, dont la demande d’autorisation va donc être prochainement rejetée sur ces bases, disposera de toutes les voies de recours. Si elle décide de réitérer sa demande, la procédure devra être entièrement reprise. »

C’est une première victoire collective pour C3V, qui remercie en premier lieu tous les adhérents, qui ont répondu présents sur le terrain, et qui ont su se mobiliser pour faire entendre leur détermination. La lutte continue, cette première victoire, avant les élections municipales et cantonales, vient consolider notre conviction que c’est en exprimant notre désaccord haut et fort, quitte à être perçus comme des trouble-fête, que la parole citoyenne peut être entendue par notre administration. Nous sommes désormais une force qui ne peut être négligée, et nous continuerons à faire entendre notre voix pour dénoncer la politique de nos décideurs afin que la gestion des déchets dans le Centre-Yonne ne soit plus laissée aux mains d’entreprises privées soucieuses de leur seul profit à court terme au détriment de l’environnement et de la santé publique. Après deux ans de lutte, nous savourons donc cette première victoire, mais nous continuerons à mettre la pression sur les différents candidats aux élections cantonales et municipales afin qu’ils prennent des engagements concrets, et nous serons vigilants pour que leurs promesses sur la gestion de nos déchets soient suivies d’effets. Nous savons pertinemment que nos déchets non triés devront aller quelque part, et nous ne nous réjouissons pas de l’éventuelle extension du Petit-Pien… Pour C3V, dont la devise est ni ici ni ailleurs mais autrement, il est bien évident que seule une politique volontariste en amont, avec tri sélectif, et collecte en porte à porte, ainsi que de réelles lois pour que la grande distribution soit contrainte de ne produire que des emballages recyclables sont à l’évidence les seules mesures concrètes capables d’endiguer cette marchandise résiduelle qui embarrasse nos poubelles et qui devient l’objet tant convoité d’entreprises privées.



C’est pourquoi nous ne baisserons pas la garde, et non seulement nous serons vigilants, mais nous continuerons, par nos réunions publiques, à poursuivre les débats que nous avons initiés avec vous tous. En effet l’environnement, c’est-à-dire l’eau, l’air, la terre et toutes les espèces vivantes sont une part essentielle de notre bien commun –tout comme l’éducation, la santé, la justice – et il en va de notre dignité de les soustraire aux lois d’un marché prédateur et criminel pour l’avenir de l’homme, de l’humanité et de la planète.

Nous vous invitons tous à venir fêter avec nous cette première victoire samedi prochain devant la mairie de Volgré à midi, pour un apéritif citoyen, qui sera l’occasion d’envisager ensemble nos actions futures pour continuer à être les empêcheurs de penser en rond en mesure de peser sur les décideurs de tout bord.