Nous avons pris connaissance du courrier que la société Chèze a envoyé à certains maires, ceux des communes du périmètre concerné par le projet de mégadécharge à Volgré. Que dit en substance cette lettre ?
L’entreprise a préféré ne pas représenter son dossier.
Nous en sommes satisfaits. Effectivement nous n’avions pas bien compris les bienfaits de ce trou qui aurait permis à ladite société de rentabiliser 120 000 tonnes de déchets par an sur un site inapproprié, ce qui aurait contraint les collectivités à enfouir toujours plus de déchets, sans que jamais rien ne soit fait en amont.
Mais attention, l’entreprise va continuer à battre nos campagnes, en effet elle se dit très soucieuse « d’accompagner les collectivités dans leurs efforts pour atteindre les objectifs réglementaires ». Aussi, pour tenir ce rôle de conseil éclairé, Chèze a fait appel au cabinet Abaétê, spécialiste en communication, car elle souhaite « travailler à renforcer dans les mois à venir » son « écoute des élus et des habitants ».
Qu’entendons-nous réellement ? Le projet Chèze ne sera certes pas représenté en l’état, mais la société va désormais mettre les bouchées doubles en termes de communication… en essayant de séduire nos élus, et en œuvrant auprès des habitants pour leur faire entendre que le nouveau projet Chèze est un bon projet. Encore une fois, ce sont les élus et les habitants qui n’ont rien compris…
Bref la société Chèze ne lâche pas l’affaire, seulement voilà, au bout de trois ans de lutte, ce projet n’a plus aucun sens, et elle ne veut rien en savoir. Or la population de nos villages a pris conscience des risques pour l’environnement qu’engendraient de tels centres d’enfouissement, et d’autre part le paysage politique local a profondément changé. Aujourd’hui, la ville d’Auxerre est clairement ancrée dans le développement durable, quant à la communauté de communes de Joigny, elle a à sa tête des élus réellement soucieux du bien vivre de leurs concitoyens dans un environnement préservé. De plus, Nicolas Soret, nouveau président du syndicat mixte des déchets, s’est engagé à mettre en place une réelle politique de tri sélectif.
Ce projet aujourd’hui, plus personne n’en veut. Il n’y aura pas de gigantesque trou aux finances juteuses.
Il reste à travailler sur le « autrement » :
– la réduction des déchets en amont ;
– la mise en place de plates-formes de déballage dans les grandes surfaces ;
– le tri sélectif au porte à porte ;
– la valorisation et le recyclage.
Avec pour objectif de réduire de manière conséquente les réels déchets ultimes, qui ne pourront être gérés in fine que par une société publique ou d’économie mixte.
Le projet Chèze est caduque, il résultait du laisser-faire et de la démission des politiques tels que de MM. Sevin, Soisson, Moissenet et Friedrich.
Les cartes ont été redistribuées. Il faut en avoir conscience.
La société Chèze n’ose le reconnaître ; dont acte, ce sera la dernière pirouette !
Qu’elle entende bien que, après ces trois années de lutte, notre détermination est intacte et notre expertise s’est enrichie.
Ce projet mal ficelé nous a permis de conjuguer nos savoirs et de fédérer nos forces contre les seules lois du profit qui entendent gouverner nos vies au mépris de l’essentiel.
Claude Grosset
Président de C3V